A toi l’enfant que j’ai porté toute seule

Ce texte est pour toi, mon Tiloup. Toi, l’enfant que j’ai porté toute seule.

Tu ne connaîtras jamais la famille « classique », celle des magazines et d’Instagram. Tu n’habiteras jamais dans un seul foyer. Toute ton enfance, tu auras deux maisons. Celle de maman et celle de papa.

Mon bébé koala

Avant même de venir au monde, tu étais déjà enfant de parents séparés. Tu n’étais qu’un tout petit pois de 6 semaines dans mon ventre, quand mon mariage a pris l’eau. Pour me protéger, pour te protéger, j’ai construit autour du petit trio qu’on forme avec ta grande sœur, une forteresse imprenable. Un cocon d’amour pour te laisser le temps de te développer sereinement.

Quand tu es né, j’ai vacillé. Toutes les émotions retenues, toutes ces larmes trop longtemps ravalées, ont jailli d’un seul coup. Tes premières semaines, tes premiers mois, sont maintenant un peu flous dans mon esprit : les nuits hachées, les pleurs de décharge, les crises de larmes pendant des heures à cause des coliques du nourrisson, les angoisses des montées de fièvre en pleine nuit. J’étais en mode pilote automatique mais j’ai tenu bon.

Notre famille imparfaite mais heureuse

Pour l’instant, tu ne poses pas vraiment de questions. Tu as l’insouciance et la spontanéité de tes trois ans. Et tu ne peux pas souffrir d’une situation que tu n’as jamais connue. Mais un jour peut-être, sûrement, tu me demanderas pourquoi tu n’as pas eu droit à un schéma familial classique. Tu auras le droit d’être en colère, de nous en vouloir de ne pas t’avoir offert la famille parfaite. En réalité, il n’y a pas de famille parfaite. La nôtre, si imparfaite soit-elle, est remplie d’amour et de bienveillance. J’aime beaucoup ce proverbe qui dit qu’il faut tout un village pour élever un enfant. Et toi, tu as tout cet univers autour de toi : des grands-parents au top et présents au quotidien, des tontons et tatas dévoués, des amis fidèles. C’est une richesse incroyable. Et nous avons aussi la chance de vivre des moments de complicité intenses, juste tous les trois, ta sœur, toi et moi. Nos fous rires quand on fait des gâteaux, nos moments de tendresse quand on lit l’histoire du soir, nos vacances en « monofamille », nos courses sur la plage… ces moments de vie n’appartiennent qu’à nous, et ils sont ceux d’une famille heureuse, tout simplement. Notre trio gagnant. 

Ensemble, c’est tout

Je n’ai que faire du regard des autres et il y a bien longtemps que j’ai fait le deuil de la famille telle que je l’avais rêvée au départ. J’espère juste que toi, tu n’en souffriras pas. Tu resteras à jamais ce cadeau inespéré, qui m’a donné la force de me relever quand mon petit univers bien rangé s’est effondré. Mon bébé koala, toi qui t’es agrippé à moi comme personne. Un concentré d’amour et de vie.

Mon bébé koala

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *